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Writober #10 - C'était une histoire de page blanche ...

il y a 7 jours
2 min de lecture

Bonjour et bienvenue pour ce dixième jour du challenge Writober ! ☕ Prenez le temps de vous installer bien confortablement, ajustez votre plaid et attrapez votre boisson chaude préférée. Ensemble, nous franchissons aujourd'hui le cap des dix jours d'écriture dans les profondeurs de cette mystérieuse forêt.


Nature morte d’automne avec théière bleue, tasse de thé, livre ouvert, citrouilles, bougie et châle sur table en bois.

C'était une histoire de page blanche, la crainte de manquer de matière narrative, ou celle de la restituer de façon inadéquate. Je gardais en mémoire, avec une exactitude absolue, la sensation que génère le papier vierge au contact des doigts, cette vacuité inerte qui patientait en attendant qu'une encre indéterminée vienne lui conférer une signification. Jadis, lorsqu'un feuillet informe reposait sur mon bureau, je me persuadais que l'absence de mots constituait la forme la plus radicale de solitude.


Pourtant, ici, au cœur même de cet escalier excavé dans une roche ténébreuse, la page blanche avait perdu toute sa dimension abstraite.


Dès la descente de la vingtième marche, la mousse écarlate qui recouvrait la pierre a soudain cédé la place à une poussière d'un blanc rigoureusement immaculé. La roche elle-même paraissait avoir muté de nature : elle était devenue lisse, poreuse, presque tiède au toucher. À mesure que je m'enfonçais dans le gouffre, les parois rugueuses du ravin s'estompaient pour se transformer en de gigantesques pans de papier calque suspendus dans le vide, s'étirant à perte de vue vers les profondeurs.


Sur ces murs aveuglants, ma propre ombre, projetée par la lueur dorée de la lanterne, ne se bornait plus à suivre docilement l'ensemble de mes mouvements. Elle traçait derrière moi des lignes complexes, une écriture sombre et déliée qui consignait avec une précision chirurgicale mes pensées les plus ténues, mes peurs enfouies et jusqu'à mes moindres hésitations. Chaque marche franchie laissait une empreinte d'encre noire sur le sol blanc.


Ce n'était plus moi qui parcourais la forêt afin d'en percer le secret. C'était la forêt qui était en train de m'écrire, ligne après ligne, m'interdisant toute rature et m'obligeant à lire ce que je m'efforçais de me dissimuler à moi-même.


À votre tour ! 💬 Si votre propre ombre se mettait à écrire votre histoire sur les murs d'un ravin, tenteriez-vous de lire les lignes suivantes ou presseriez-vous le pas pour fuir l'encre ? Dites-le-moi en commentaire !


Rendez-vous demain dès 7 h 30 pour le Jour 11 pour le Writober ! ⏰



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